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Edito

IL EST UNE FOI 2022, au cœur de la nature et de l’IA

Les Rendez-vous cinéma de l’ECR, IL EST UNE FOI, continuent d’explorer les sujets qui touchent notre humanité et impactent nos existences. Du 4 au 8 mai 2022, la 7ème édition traitera à la fois de la nature et du transhumanisme, de la transition écologique et de l’Intelligence artificielle au tour du thème : CREATION RE-CREATION.

Au lendemain de la pandémie, nous nous sommes réveillés avec le sentiment d’être plus fragiles. Associée aux enjeux climatiques, la fragilité de la nature se superpose à celle de l’homme. Convoquer les grands cinéastes qui ont posé leur caméra au centre des choses pour capter la beauté du monde qui nous entoure est réjouissant, tant la nature a séduit et inspiré de nombreux metteurs en scène. Mais depuis la Genèse, puis le Darwinisme, place désormais à l’homme modifié, l’homme augmenté, l’homme « parfait ». A grand renfort de sciences, de technologie, d’informatique, la perspective de la vie éternelle s’est peu à peu installée en fantasme de la mort vaincue et, il nous a paru intéressant de lier ces deux sujets et d’analyser les ponts qui les traversent, les unissent autant qu’ils les séparent.

Vers l’immortalité ?

Création d’un être vivant à partir de cadavre (Frankenstein ou le Prométhée moderne – Mary Shelley 1818), l’homme machine hyper productif (Métropolis – Fritz Lang 1926), manipulations génétiques (Le Meilleur des mondes – Aldous Huxley 1932), le transhumanisme trouve sa source au 19ème siècle et traversera tout le 20ème, telle une promesse d’immortalité. Le mot apparaît bien plus tôt encore, chez Dante au 14ème siècle, dans un sens beaucoup plus religieux : trasumanar. L’homme sort de sa condition pour aller à la rencontre de Dieu !

Mais comment sera l’homme du futur ? Quelles injections aura-t-il connues ou subies ? Qu’aura-t-on remplacé dans son corps afin de le rendre plus performant ? La limite entre le médical visant à soigner et l’homme-démiurge qui se verrait bien à la place du créateur devient de plus en plus infime.

La nature dépouillée ?

Repenser notre relation avec la nature se situe désormais au cœur de nos préoccupations car l’urgence climatique est une épée de Damoclès de plus en plus menaçante. D’abord envisagée comme création divine (Genèse), la nature devient dès la Renaissance un objet de curiosité ; puis au 19ème, au gré du développement des colonies, des voyages lointains et des découvertes de nouveaux horizons, la nature « scientifique » devient le nouvel Eldorado : naissance de la biologie, la paléontologie, la chimie organique, la physiologie, la biologie cellulaire, la géologie, la bactériologie, l’anthropologie et… l’écologie. Il ne manquait qu’un saut de puce pour que ces nouveaux domaines d’études ne soient appliqués à l’humain. Crème de jouvence, vitamines surpuissantes, Omégas divers, chirurgie plastique et en profondeur, dopage et « résurrection » de membres morts, GPA, PMA, cryogénisation… L’éternité du corps se profile et les charlatans se démultiplient.

Alors l’éthique s’en mêle pour mettre un peu d’ordre dans ce désordre. La nature et l’homme partagent des destins proches et l’un et l’autre doivent avancer ensemble.

23 films et 11 débats

En plus de 11 films sur la nature, 12 sur le transhumanisme dont 2 documentaires (5 nouvelles du cerveau de Jean-Stéphane Bron et Génésis 2.0 de Christian Frey et Maxime Abugaev), ont été sélectionné par le comité cinéma pour vous proposer ce parcours original et, je l’espère passionnant. Les débats ne manqueront pas de d’interroger notre relation au monde, à notre corps et d’éclairer, peut-être un avenir qui a résolument besoin d’actes sensés et non d’excès.

Le mardi 3 mai une conférence inaugurale aura lieu ; elle sera animée par Marie Cénec et Emmanuel Tagnard. Informations à suivre.