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Edito

Le mot d’Edouard Waintrop

Edouard Waintrop
Directeur des Cinémas du Grütli

Les femmes spirituelles ont inspiré le très bon cinéma. 

Pas Thérèse d’Avila la « transverbérée » mais Thérèse de Lisieux, « la petite Thérèse », protagoniste d’un film d’Alain Cavalier qui fit événement au festival de Cannes en 1986 et y remporta la Palme d’or. 

Et Bernadette Soubirous, morte en 1879, canonisée en 1933, fut héroïne en 1943 de l’un des meilleurs films d’Henry King Le chant de Bernadette, un rôle qui valut un Oscar à son actrice principale alors débutante, la pulpeuse Jennifer Jones. Ce fut d’ailleurs l’un des atouts majeurs de ce film, malheureusement absent d’IL EST UNE FOI, que de jouer sur la sensualité de la protagoniste …

Et puis il y a Jeanne d’arc, qu’elle fût ré-imaginée par le quasi janséniste Robert Bresson ou par la dinguerie créative de Bruno Dumont.  

Rossellini a également abordé le thème de la crise de foi avec Europa ‘51. Irène, le personnage porté par Ingrid Bergman y est vite considérée comme folle par son entourage, marginalisée, anéantie, parce qu’elle regarde le monde avec une charité digne de Saint François. 

Il ne faut pas oublier, et IL EST UNE FOI en portera témoignage, que de la sainteté à la sorcellerie, telle qu’elle fut définie par les pouvoirs spirituels, la frontière est étroite. Avant d’être canonisée le 16 mai 1920, sainte Jeanne ne fut-elle pas reconnue coupable par un tribunal d’édiles catholiques d’être « schismatique, apostate, menteuse, devineresse, errante en la foi, blasphématrice de Dieu et des saints» ?  Et brulée en place publique comme une sorcière. 

Consumée par ce même feu dont la Carrie de Stephen King et Brian De Palma, usera pour détruire son monde…