Sayat Nova retrace librement, en 8 chapitres, la vie de Harutyun Sayatyan, dit Sayat-Nova, poète arménien du 18e siècle...
Sayat Nova retrace librement, en 8 chapitres, la vie de Harutyun Sayatyan, dit Sayat-Nova, poète arménien du 18e siècle. C’est une commande des studios d’Erevan à l’occasion du bicentenaire de la naissance du poète, qui réconcilie trois cultures du Caucase : arménienne, géorgienne et azérie. De somptueux tableaux allégoriques en deux dimensions, comme dans l’art des icônes russes, se succèdent sans réelle trame narrative, mettant en scène l’enfance du poète, sa jeunesse, son amour pour la princesse Anna, le bannissement de la cour, l’exil au monastère, sa vieillesse et sa mort.
Paradjanov a créé avec Sayat Nova une œuvre singulière, à part dans l’histoire du cinéma. Loin de la biographie, c’est l’esprit du poète évoqué qui y est représenté en une série de plans fixes, chargés de symboles et d’éléments de la culture arménienne. Un film plastique, un film ressenti, un film d’une beauté absolue et pareil à nul autre ; il semble faire appel à tous les sens en une poétique rhythmique et sensuelle – par la vision, le son (de la musique traditionnelle arménienne à quelques phrases de poésie évocatrices), et la succession de plans stylisés, il transmet la caresse du vent, la pureté de l’eau, la sensation des textures...